Introduction ergonomie
Conception cycle de vie
Démarche ergonomique
Méthodes
Normes ISO
Evaluation des interfaces
Exemples en ergonomie
Bibliographie
Contactez-moi
Liens en ergonomie

Historique des interfaces hommes-machines

Au début du 20ème siècle jusqu'à la seconde guerre mondiale : Pré-ergonomie

Principalement la physiologie musculaire et les échanges respiratoires, dont l'ergonomie physiologique est l'héritière.

Dès la fin de la première guerre : Développement

Un développement considérable d'études sur la fatigue, sur la monotonie et plus généralement sur ce que l'on appelle actuellement l'amélioration des conditions de travail et la prévention des accidents de travail.

A partir de 1930 : Peu d'études

Le nombre de ces recherches est allé en se réduisant considérablement jusqu'à la guerre, sans doute à cause de la crise économique et du chômage important.

Parallèlement l'intérêt s'est déplacé vers la psychotechnique pour la sélection professionnelle.

A partir de 1943 : Human Engineering

L'human engineering, localisé essentiellement aux USA et en Grande-Bretagne, se caractérise principalement par la prédominance d'études expérimentales, surtout psychologiques.

A partir de 1948 : Systèmes complexes

Aux études centrées sur les postes de travail (surtout de conduite ou de pilotage) se sont ajoutées des études centrées sur des systèmes complexes .

Egalement vers 1948, avec la reprise économique, commence à se développer aux USA, puis en Europe, un human engineering industriel civil, dont les objectifs visent davantage l'amélioration des conditions de travail.

A partir de 1949 : "Ergonomics"

Le terrme "Ergonomics" existe.

Le néologisme est attribué au psychologue anglais MURRELL.

Evolution pendant les années 1960-1970

La création d'interfaces utilisateurs homogènes, cohérentes, adaptables et réutilisables est une tâche très difficile, qui a évoluée au cours du temps.

Années EVOLUTION
1960 Informatique centralisée, Traitement de masse, Informatique de production
1970 Informatique centralisée transactionnelle, Informatique de production
Les employés administratifs
1980 Informatique personnelle, foisonnement puis connexion informatique individuelle puis informationnelle
Le cadre
1990 Informatique coopérative, intégration des systèmes, Informatique stratégique
L'entreprise étendue

d'après Ménadier (1991).

Dans les années 60, l'informatique avait un objectif de centralisation concernant essentiellement le traitement de masse.

Les années 70 permettent d'améliorer ce système en permettant l'interrogation de données sur des terminaux. C'est dans ces années que l'on informatise le poste de l'employé administratif.

Le problème de l'entreprise était de produire plus dans un marché en expansion. L'informatique était une informatique de traitement de masse supportant cette production planifiée.

Elle était partielle, proche des méthodes manuelles et fonctionnait en traitement par lots sur machine centralisée dans les années 60.

Les applications se multiplièrent pour une meilleure gestion. L'informatique restait centralisée avec introduction progressive du transactionnel sur des terminaux passifs pour la saisie à la source, puis pour l'interrogation.

On informatise le poste de l'employé administratif.

C'est lors des années 80 que l'Informatique devient plus personnalisée avec le PARC (Xérox Palo Alto Research Center) qui introduit le système de fenêtrage et l'utilisation de la souris. L'informatique commence par prendre en compte l'activité de l'utilisateur.

Années 1970-1980 : Le monde Macintosh

Le Star : Terminal bureautique de XEROX

Les interfaces graphiques prennent leur source dans les années 60, à l'Université de Stanford, avec des études sur les partitions d'écran, et donc sur le système de fenêtrage, d'une part, et sur l'utilisation de la souris d'autre part.

Dans les années 70, les recherches se développent au PARC: Xerox Palo Alto Research Center, avec notamment une contribution fondamentale dans le domaine des langages orientés objets avec SMALLTALK, pour donner au début des années 81 le STAR.

Le PARC était un lieu d'une très grande créativité. Il fut le site d'un travail pionnier dans la conception de nouvelles stations de travail personnelles, dans l'invention de techniques interactives pour exploiter leurs capacités et faciliter leur utilisation, et dans le développement d'une psychologie cognitive appliquée qui guidait une conception appropriée.

Ces activités ont finalement permis d'annoncer en Avril 81 au système d'information STAR 8010 " a new personnal computers designed for offices" conçu pour les professionnels des affaires qui manipulent des informations. (Smith et al, 1982).

Le STAR reste moteur dans ce domaine avec ses stations de travail orientées bureautique et traitement de documents.

STAR est probablement le premier système de manipulation directe compréhensible conçu pour une application d'affaires dans un environnement de bureau.

Beaucoup d'idées sur les interfaces utilisateurs ont été développées ou affinées au PARC dans les années 70 à partir des 8 principes suivants :

Familiar user's conceptual model

Seeing and pointing versus remembering and typing

WYSIWIG : What You See Is What You Get

Universal commands

Consistency

Simplicity

Modeless interaction

User tailorability

La grande qualité de l'interface STAR est due aux dix années de recherche créative et pertinente et de développement. Six raisons expliquent que STAR ne se soit pas imposé sur le marché commercial:

XEROX était un pionnier en matière d'interface et en termes d'orientation vers le travail de la connaissance comme l'utilisateur final. Le marché du travail de la connaissance n'existait pas en 81.

Star c'était environ 15 000 $, ce qui était trop cher.

Les fonctionnalités étaient limitées

Le Star manquait d'une architecture ouverte

Le Star était perçu comme lent

Principes de vente

 

L'APPLE Lisa

Lorsque Steven Jobs visita le XEROX PARC en 79, il fut impressionné lorsqu'il vit les écrans et les applications qui tournaient dessus. Le résultat est qu'en 1983, APPLE introduit LISA, un produit similaire au STAR en termes de son interface utilisateur, mais d'importance différentes pour un certain nombre :

- Le STAR était beaucoup plus ambitieux que LISA en termes d'informatique distribuée.

- Environ 10 000 $ Lisa était moins chère que STAR

- LISA était positionnée quelque part entre un système de bureau et un outil personnel productif, tel qu'il pouvait être utilisé de façon individuelle, pour de telles tâches, comme des éditions de documents, construire des modèles et manager de petites BD.

L'APPLE Macintosh

A cause de son coût, de la confusion de la position du produit et de sa base de logiciels et d'applications inadaptés, il fét jeté au bout de 3 ans.

Avec l'apparition des microprocesseurs 32 bits de MOTOROLA (68000), en Janvier 84, Apple introduit le Macintosh au prix approximatif de 2500 $.

Le développement commercial dans le secteur professionnel, freiné au début par l'image trop grand public d'Apple, a connu le succès que l'on sait, essentiellement fondé sur les qualités de son interface et sa convivialité légendaire : "la machine qui a appris l'homme" disait Apple.

Pourquoi au contraire du STAR et du LISA, le Mac a eu autant de succès ? 6 raisons :
Le Mac n'avait plus besoin d'ouvrir le terrain. STAR et LISA avaient préparés le terrain en termes d'interfaces utilisateur. Les Cies numériques incluant IBM avaient ouvert le marché pour les professionnels des ordinateurs personnels.

Le Mac était en quelque sorte, la deuxième génération des LISA, et APPLE avait appris de cette expérience et éliminé de nombreux bugs. Il y a eu un certain nombre d'améliorations entre STAR, LISA et MAC.

Le prix du produit était très compétitif.

A powerful developper's toolkit

Un graphique excellent et une Laser Writer.

Apple était capable de dessiner des succès au-delà d'un nombre d'années.

Années 90

Cinq ans après, le passage des compatibles PC aux microprocesseurs 32 bits d'INTEL (386 et 486) a permis à ces machines de bénéficier de logiciels d'interface utilisateur du même type avec WINDOWS (sous DOS) et PRESENTATION MANAGER (sous OS/2 IBM).

C'est d'ailleurs en 87 et 89, dans son concept intégrateur AUA (Architecture Unifiée d'Application) qu'IBM a formalisé avec un luxe de détails ergonomiques ce type d'interface sous le nom de CUA (Common User Acess).

Parallèlement, les universités américaines et les industriels des stations de travail scientifiques, APOLLO, SUN, DEC, HP, par la suite suivie par NEXT, développaient les interfaces utilisateur du monde UNIX, aboutissant à des produits tels que :

X-WINDOW, MOTIF

OPEN LOOK

NEXTSTEP

qui apparaissent en 91 comme des standards du marché.

D'après "Le monde informatique", Mini-guide, 1992 :

"On les appelle des GUI : Graphical User Interface (Interface Utilisateur Graphique) car le mode de communication principal (mais évidemment pas unique) avec l'ordinateur sera graphique.

Quelle sera l'influence de communication avec l'écran qui sera le modèle ? car bien entendu, pour faciliter l'accès aux logiciels et ne réapprendre à chaque nouvelle application les commandes nouvelles, on souhaiterait n'avoir qu'une seule interface.

Un peu comme la position du volant, des pédales et du levier de vitesse qui ne change pas d'une marque d'automobile à l'autre.

A la place de ces commandes, un ordinateur se conduira avec des "icônes", une souris, des barres de menus déroulants, des "boutons" à 1, 2 ou x positions...

Le problème est que les candidats sont relativement nombreux :

Interface du Macintosh, précurseur en la matière, mais que fidèle à sa politique de propriétaire, Apple ne souhaite pas du tout imposer à l'extérieur de ses produits (au contraire, puisque la firme intente des procès à ceux qui sont censés l'avoir imitée)


IBM propose toujours "Presentation Manager" développé avec Microsoft, comme l'interface graphique du système d'exploitation OS/2. Mais évidemment, depuis sa "brouille" avec Microsoft, et surtout depuis le formidable succès de l'interface Windows avec ses millions d'exemplaires vendus dans le monde des PC, tout a changé.


Microsoft peut profiter du fait que Windows est devenu le numéro 1 incontesté des interfaces graphiques pour tenter d'en faire le futur support de son nouveau système d'exploitation.

NewWave de Hewlett-Packard, qui travaillant avec Windows, en propose une amélioration incontestable, notamment en environnement réseau, mais qui n'a pas encore réellement percé.

Outils graphiques du MIT (Massachusetts Institut Technology) : X (ou XWindows). Mais ces outils de base doivent être mis à la disposition des développeurs dans des "boîtes à outils" toutes prêtes et plus ou moins spécialisées selon les applications (bureautique, CAO, calcul...). Ces boîtes à outils servent enfin à développer des interfaces pour l'utilisateur final.


C'est sur de telles interfaces que le monde UNIX bataille actuellement autour de deux "produits" :

OPEN LOOK développé par ATT dans le sillage d'une interface lancée par Sun sous le nom de News,

MOTIF, présentée par l'alliance OSF (comprenant IBM, Bull, DEC, Apollo, HP, Siemens, Philips et Nixdorf).

Avantage de MOTIF, être compatible avec OS/2 Presentation Manager, et donc Windows qui s'affirme donc comme le grand gagnant.

Mais rien n'est encore joué. L'interface graphique utilisateur sera au contraire l'un des grands enjeux des prochaines années, et rien n'indique qu'elle doive être unique.

Dans le monde UNIX pourtant, les deux groupements ennemis semblent se rapprocher définitivement sur ce sujet.

Ce serait peut être le début d'un mouvement qui conduirait à une unification minimale des GUI. Pas identiques mais de structure similaire, un peu comme si les constructeurs automobiles se mettaient d'accord pour que la commande de phares soit toujours du même côté, ce qui ne les obligerait pas à utiliser la même couleur pour cette commande.

Cet objectif est encore lointain pour l'informatique, mais ce n'est plus un rêve".

©Le monde informatique", Mini-guide, 1992

Bibliographie

Baecker Ronald M., Buxton William A-S. (1987). The star, the Lisa and the Macintosh, in Readings in Human-Computer Interaction, A multidisciplinary approach, Morgan Kaufmann Publishers, ISBN 0-934613-24-9, pp. 649-652.

Menadier J-P. (1991). L'interface utilisateur. Pour une informatique plus conviviale, Dunod.

Spérandio J-C. (1980). La psychologie en ergonomie, PUF Le psychologue.

Lire aussi Roman Szturc .... pour en savoir plus (en anglais)

 

© nicole.lompre@univ-pau.fr Dernière mise à jour le 09-Fév-2006