Activités

Après avoir répondu à la question " Qui fait quoi?", le problème est maintenant de déterminer la manière dont l'opérateur va s'acquitter de ces fonctions (Comment ?)

Il est donc nécessaire de recueillir des informations qui permettront de décrire progressivement ces conduites.

L'analyse des conduites dépasse souvent le simple cadre de l'analyse descriptive des situations de travail et relève la plupart du temps d'une expérimentation afin de contrôler les variables étudiées.

L'approche ergonomique est ici légèrement différente des descriptions des tâches. Elle apporte des informations originales en s'intéressant à ce qui se passe réellement sur le terrain. Le coeur de l'analyse du travail se situe bien sûr au niveau de l'analyse de l'activité.

Description du processus cognitif de l'opérateur

Les réponses de l'opérateur associées aux signaux de la machine, actions habituelles et inhabituelles, description macroscopique des modes opératoires, types de décisions ou de régulations effectuées, les grandes catégories de traitements, les gestes, les principales liaisons sensori-motrices...

Organigrammes, à ne pas confondre avec les organigrammes qui ont pour but de décrire le processus de la tâche. Formellement, dans son écriture, l'organigramme ne diffère pas, mais le contenu est évidemment différent.

Exigences psychologiques

 

Trois approches d'analyse des activités (Faverge, 1972)

Elles se complètent mais elles présentent un intérêt inégal suivant la nature du travail et les objectifs de l'étude (Faverge, 1972) :

Les deux dernières approches correspondent bien à l'orientation actuelle des recherches en psychologie ergonomique, à caractère cognitif.

L'analyse en termes d'activités gestuelles

Elle est surtout étudiée pour connaître le temps normal que requiert l'exécution d'une tâche et permet d'apprécier ses variations autour de la norme. A partir de films sur l'activité, on peut mettre en évidence des variations subtiles dans la forme des gestes. Des différences dans les modes opératoires, consistant à :

ont été mises en évidence et permettent de décrire des modes plus économique que d'autres.

L'analyse en termes d'information


Pour Faverge (1972), "Travailler, c'est mettre en action des formes de pensée, utiliser des algorithmes ou des heuristiques, employer des techniques et des stratégies, prendre des décisions..."

Traiter de l'information, c'est lui donner un sens ou la transformer. Ceci s'effectue à tous les niveaux des processus des processus intellectuels, dès la perception et jusqu'à la prise de décision.

Cette forme d'analyse préoccupe actuellement la recherche en intelligence artificielle. La pensée étant assimilée ici au traitement de l'information, au sens technique utilisé en informatique (Unité de traitement, Unités de mémoires, organes d'entrées/sorties)

L'analyse du travail mental va principalement se centrer sur les relations entre :

Dans son travail, l'opérateur met en action des formes de pensée, utilise des algorithmes et des heuristiques, emploie des stratégies, prend des décisions. Autrement dit, on considère que l'opérateur prend et traite l'information utile et répond par une action sur l'objet travaillé. Il conviendra ici de repérer les modes opératoires réels:

La symbolique des organigrammes utilisés en informatique permet de schématiser aisément les processus opératoires. Il existe cependant de nombreuses variantes, comme les graphes de fluence, les tableaux matriciels, ou les diagrammes d'activité.

L'analyse a pour donc pour but de :

en fonction :

L'ensemble des études menées pour décrire les conduites doivent permettre de porter des réponses en ce qui concerne

Ces différentes études permettent d'expliciter l'image opérative (Ochanine, 1978) : parmi toutes les données présentées qui constituent l'ensemble de la tâche à traiter, l'opérateur va se constituer une image opérative de certaines données de son travail, en ce sens qu'il ne retiendra que les données pertinentes pour réaliser son travail.

Mais les données pertinentes pour une tâche simple par exemple, le seront moins pour une tâche complexe. D'où l'intérêt d'étudier les modifications dynamiques de la représentation de l'opérateur en fonction des objectifs de sa tâche.

Un autre facteur étudié dans l'ajustement des signaux et des réponses est le degré de compatibilité, c'est-à-dire de congruence de la structure spatio-temporelle des signaux utilisés à un moment donné du travail et de celle des actions commandées par ces signaux. Cette notion de compatibilité permet d'expliquer la supériorité de certaines conduites.

L'analyse en termes de régulation

Exprimée par les flèches en retour dans les organigrammes, peut mettre en évidence que le travail d'une équipe consiste en une régulation entre deux exigences partiellement contradictoires,

La tâche de l'opérateur consiste donc a atteindre un certain équilibre dans la réalisation de ses objectifs.

On verra également que le changement des modes opératoires dans le cadre de la charge de travail peut intervenir comme un processus régulatoire.